histoire d’une transat sans histoire……….

Traversée de Tenerife(Canaries) à Grenade (petites Antilles)
Départ le samedi 10 novembre de Santa Cruz à 19 heures.
Peu de vent, puis le long de l île : avons pris 1 ris, et 2 très vite, vent arrière, première nuit agitée le pilote a du mal à tenir et faisons plusieurs empannages désagréables…. Dans la journée le vent tombe, et depuis voile et moteur, pour maintenir une vitesse de 5 nds de moyenne.
Aujourd’hui lundi premier poisson : une petite bonite que nous avons mangé ce soir cuite à la cocotte ; belle nuit étoilée sans vent…
Mercredi 14 : toujours peu de vent, mais la nuit dernière on y a cru, et ce matin avons envoyé le spi, cela nous a permis de couper le moteur pendant quelques heures, et puis en début d après midi, le vent est retombé et le spi est retourné dans son sac, nous marchons à 6 nds, GV, génois tangonné et moteur à régime moyen…
Nous commençons à être organisés et les journées passent très vite malgré le peu d activités : le matin, celui qui a pris le dernier quart prépare le petit déjeuner, puis rangement, vaisselle, position du bateau après la nuit, toilette, réglage des voiles, et l’heure de l’apéro arrive ! Toasts, tapas, et bière fraîche, préparation du repas et déjeuner. Après midi, sieste, lecture, ordinateur (travail sur les photos, lecture, écriture, jeux, navigation) réglage du bateau, j oublie les visites régulières de nos amis les dauphins, ce qui occupe et me permet de faire des photos. Nous dînons avant le coucher du soleil. La nuit nous changeons de quart toutes les deux heures, cela nous suffit pour récupérer, et comme nous ne sommes pas débordés par la marche du bateau, nous arrivons même à somnoler pendant les quarts. Dans la journée le soleil tape fort, et la nuit une polaire suffit, cette navigation ne nous épuise pas.
Samedi 17 : 19 heures, une semaine exactement que nous sommes partis de Ténerife, et depuis ce matin, le vent semble vouloir s’établir, pas encore assez constant, mais nous avons coupé le moteur, et actuellement nous avançons au près bon plein cap au 250 à 6/7 nds, ce qui semble rassurer Michel, car il ne nous reste que 4 jours d’autonomie au moteur, et il faut garder un peu de réserve pour l arrivée. Rien d alarmant à tout ça s il n y avait le rendez-vous avec Martine à Grenade, et que nous ne voulons pas la faire attendre trop longtemps……D’après nos calculs si le vent se maintien, et surtout si l allure devient plus débridée(ce qui serait normal) nous devrions arriver pour le 30…..
Jeudi les occupations spéciales ont été consacrées à la couture de bandes velcro au dos des coussins du carré qui glissent dès que ça gîte un peu.
Vendredi « jour du poisson » l’heure de l’apéro a été perturbée par l arrivée d’une dorade Coryphène de taille moyenne (2 repas) et l’heure du déjeuner par le bruit de la 2ième ligne de pêche qui cette fois nous a permis de monter à bord ( après une rude lutte) un thon d’environ 15 kg, mon occupation de l après midi était toute trouvée : cuisine. J ai fait 5 bocaux de conserve et des préparations pour 6 repas( en plus des conserves) nous ne remettrons les lignes à l ‘eau que dans 3 jours quand tout sera mangé…..
Mardi 20 : 10 jours que nous sommes partis, et à quelques miles près à mi-chemin, en plein milieu de l’atlantique
Depuis samedi, déception, le vent est retombé dans la soirée, et le moteur(qui tourne comme une horloge) nous a accompagné à nouveau de son ronronnement, avec un vent très faible venant de l ‘ouest, ce qui n’est toujours pas l’alizé tant attendu…. Hier la mer d’huile s’est couverte de risées que nous avons poursuivies en barrant pour attraper le moindre souffle, et ce matin, après une nuit sous grand voile et moteur, une légère brise de sud s’est levée, et depuis 10h ce matin nous sommes avec génois, trinquette, grand voile, et sans moteur ! Nous allons entre 6 et 8 nds le vent n’est pas encore bien établi, mais cela ressemble enfin à un alizé venant de sud-sud-est, nous avons eu plaisir à barrer une grande partie de la journée, et à cette allure, il nous faut faire 147 miles par jour (il en reste 10) pour arriver en même temps que Martine !On ne se réjouit pas trop encore mais à l’allure actuelle c’est possible, et quel plaisir d’entendre le clapotis de l’eau sur la coque !!! Demain, 21 : bon anniversaire ma Caro, on pense à toi et on t embrasse..
Vendredi 23 : voilà 3 jours que l’alizé ne nous a plus quittés, Amadeus file avec un bon vent d’Est, assez fort en ce moment, des pointes à plus de 10 nds, sous grand voile haute, génois et trinquette tangonée, il nous reste exactement 7 jours pour être à l’heure au rendez-vous….
Les journées passent très vite, un rien nous occupe, hier nous avons remis la ligne de pêche à l’eau, et surprise nous avons attrapé un oiseau, les pétrels nous suivent, et est attirés par le leurre qui flotte à fleur d ‘eau, la malheureuse bête, croyant voir un petit poisson, a plongé et l’hameçon s est planté dans une aile, on a eu beaucoup de mal à le tirer jusqu’à bord, on ne l’a pas sauvé, il s’était noyé avant, dommage, c’est vraiment un très bel oiseau. Aujourd’hui, toujours pas de poisson, encore un pétrel, cette fois, il s’est fait prendre par une patte, il a réussi à se tenir hors de l eau pendant qu’on le tirait et Michel a réussi à le décroché après de nombreux coups de bec… il est reparti à tire d’ailes !! et nous n avons pas remis la ligne à l eau, on verra demain…
Les nuits passent aussi très vite : changement de quart toutes les 2 heures, et à deux ça revient vite, on veille bien sur, les éventuels bateaux ( nous avons vu 2 voiliers, dont un d’assez près, et 3 pétroliers dans la première semaine, depuis plus rien), sur le réglage du bateau, et je lis ou j’écoute de la musique ( merci Didier, c’est super ce que tu m’as envoyé, et 100 titres sur le même cd, vraiment génial),
Dernière minute : On vient de prendre un ris, le vent monte, et le pilote a du mal à tenir..
Samedi 24 : (fin de la deuxième semaine) le deuxième ris a été pris avant la nuit, et le vent a continué à forcir, dans la nuit nous avons affalé entièrement la GV, puis réduit le génois a demi, la nuit s’est terminée sous 1/3 de génois et trinquette tangonnée, le pilote a assuré malgré une mer forte de l arrière, on n’a pas d’anémomètre, mais il devait bien y avoir 40 nds de vent, et on faisait des pointes à plus de 12 nds !! le camion avait des ailes…Depuis cet après midi, on renvoi progressivement toute la toile, et on récupère de cette nuit agitée…
Mardi 27 : l’accalmie n ‘a duré que quelques heures, à 6h du matin dimanche on avait de nouveau réduit la toile, et on a renvoyé tout le génois ce matin, et la GV à 2 ris cet après midi, on a fait de la route, et peu dormi…on a eu la chance d’avoir la pleine lune, et peu de nuages, on y voyait comme en plein jour, c était superbe !!!
On a la visite régulière d oiseaux : bien sur les pétrels qui volent au ras des vagues, les pailles en queue qui survolent le bateau en nous observant, un fou brun, et un goéland marin juvénile, qui se sont approchés en curieux, et des poissons volants par bancs qui décollent à l’approche du bateau, on en retrouve tous les matins sur le pont, j’oubliais une très belle dorade qui nous a fait 3 repas copieux.
Mercredi 28 : le vent est tombé ce matin, et l’arrivée se présente semblable au départ : pas de vent !! Il est 16h45 et nous venons de prendre l’apéro : bière fraîche, tapas : pipas, poulpo et calamarès à l’encre(hummmm), déjeuner à l ‘ombre (32°) spaghettis sauce au thon et charlotte à la crème de marrons (préparée pendant un quart cette nuit) un poisson frais serait le bienvenu, il y a 3 lignes derrière Amadeus !! On vit à l heure solaire : il se lève à 10h30 heure française et se couche 12h +tard donc petit dèj. Vers 11 h et le reste à l’avenant.
Tenue vestimentaire : maillot de bain toute la journée, et la nuit un t shirt, même s’il y a du vent.
Il suffit de demander : on n’avait pas fini le dessert que la bonite du jour est arrivée, environ 3 kg, voilà de l’occupation en cuisine pour l’après midi, 3 repas à préparer, dont un à l’escabèche qui peut se conserver plusieurs jours au frigo(pour les recettes je vous dirai plus tard !!)
Jeudi 29 : dernier jour, et tout à l heure dernière nuit. Nous avons vu des cargos la nuit dernière ( 3 dont un assez près) on avait rien croisé depuis la première semaine, la mer est vaste ! on se rapproche de la cote et ça se voit, d ailleurs le poisson du jour est un joli barracuda (on en rencontre près des cotes) plus que 86 miles et on sera arrivé, juste pour accueillir Tine à l’aéroport, avec l ‘aide du moteur par intermittence depuis ce matin(vent faible et variable)
19h15 heures françaises, nous voyons au sud l’île de Tobago, elle se trouve à 35 miles, par le travers c’est à 6 heures de route, dommage, on aurait pu faire un détour !!!
Le pécheur est satisfait, il a fini la journée en remontant une bonite de 2 kg puis un thon de 10 kg !!! on a débité tout ça et mis au congélateur voilà quelques repas assurés…..

Une réponse sur “histoire d’une transat sans histoire……….”

  1. ca me donne des fourmis dans les gambettes ce récit de traversée si sereine j’aurais tant aime la faire avec vous bientot et a une autre fois
    bisous a tous les trois
    marianne

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